Forte Volatilité : Mettons les « Grecques » de notre côté !

2010-07-21

Dans des marchés volatils comme nous le vivons en ce moment, deux questions nous viennent à l’esprit : comment profiter de cette volatilité ? Comment la prendre en compte dans la conception de produits structurés ?

Rappelons brièvement l’utilité et les propriétés du  Gamma et du Vega.

Le Gamma mesure le taux de variation du Delta par rapport à une variation unitaire du sous-jacent. Mathématiquement il représente la dérivée seconde du prix de l’option par rapport au cours de l’action. En fait le Delta mesure l’équivalent position d’une option et le Gamma mesure la vitesse d’ajustement de cette position. En d’autres termes le Gamma correspond à la vitesse du Delta et à l’accélération du prix de l’option par rapport à l’évolution du sous jacent.

Le Véga quant à lui, mesure la sensibilité du prix de l’option à une variation de 1% de la volatilité. En d’autres termes plus la volatilité est importante plus le véga « gonfle » et le prix de l’option en est d’autant plus coûteux.

Les produits structurés sont composés d’une partie obligataire et d’une partie optionnelle. C’est sur cette seconde partie qu’ici nous nous concentrerons.

La volatilité influe sur les prix des options. Plus le marché est volatile, plus les Achats de Calls ou les Achats de Puts seront chers. Les achats d’options sont tous Gamma positif et Vega positif. Ce coût se fera forcement ressentir sur lepricing du produit si l’optique est de jouer Gamma+ / Vega +.

 

Prenons des exemples :

 Faire un produit structuré à Capital Garanti par exemple, ayant comme indexation l’évolution d’un ou plusieurs sous-jacents ou indices , entraine l’achat d’option. Le prix de cette option Call ou Put (en fonction du sens de la prise de position) en période de forte volatilité donnera une indexation moindre que si les marchés étaient plus ou moins stables.

A contrario, un produit constitué de Vente d’options comme un Reverse Convertible par exemple, offrira un meilleur coupon s’il est « pricé » en période de forte volatilité.

Comme toujours en Gestion d’Actifs, la question est celle du Timing.

Si l’on pense que le marché va se stabiliser, il est conseillé de faire des produits ou la partie optionnelle sera de la vente d options. Autant en profiter !

À l’inverse si l’on anticipe encore une volatilité assez importante en d’autres termes une augmentation de la volatilité, alors il sera conseillé de faire des produits ou l’on est acheteur d’options.

Une notion doit cependant être prise en considération. Celle du temps ! Ou plutôt du passage du temps.

En effet, plus l’échéance de l’option se raccourcie (c'est-à-dire à chaque seconde qui passe…) et plus ce qu’on appelle la valeur temps est constituée de Gamma , d’un peu de thêta et de moins en moins de Vega. En d’autres termes, plus le temps passe plus la part de Gamma dans le prix de l’option prend la part du Véga. En effet le Gamma mesure l’accélération de l’option par rapport à l’évolution du sous jacent. Donc plus cet évolution du marché se fait dans un laps de temps court plus la part d’accélération valorisé e dans l’option est importante et donc plus le gamma est important.

A contrario le Véga, c'est-à-dire la sensibilité des options par rapport à une variation de la volatilité implicite est d’autant plus important que l’option est longue, comme les warrants par exemple.

Nous serons donc tentés de faire des arbitrages d’options dits Gamma / Véga, c'est-à-dire que nous acheterons du petit Gamma qui deviendra grand tout en vendant du gros Vega qui deviendra petit.

On vend alors des options longues et on achète des options courtes sur mêmes strikes (Prix d’exercice).

 

Dans l’absolu si on veut faire de l’Arbitrage Gamma / Vega, on serait tenté d’acheter du très court terme et de vendre du long  terme avec le même prix d’exercice et le même nominal (Et non pas faire un classique delta neutre gamma positif ou négatif). En termes de trésorerie cette stratégié est structurellement nette créditrice puisque l’option longue ou warrant a beaucoup plus de véga en elle que l’option courte achetée n’ a de gamma. Dès que le marché décalera l’option courte achetée se valorisera beaucoup plus vite (impact du gamma positif qui fera « exploser » le prix de cette option) que l’option longue vendue (impact du véga négatif) et l’on débouclera alors l’ensemble de la position qui sera alors largement gagnante.

Emmanuel Benchetrit

 

 

  

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